Quand le désert avance, le monde meurt

Quand le désert avance, le monde meurt

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(Carte : Millennium Ecosystem Assessment)Réchauffement climatique, croissance démographique, agriculture intensive, irrigation incohérente, déboisement participent au lent mais inexorable phénomène de la désertification. Tous les continents sont exposés à ce risque de dégradation des sols à l'exception de l'Antarctique. Mais dans certaines régions, l'Afrique et la Chine surtout, l'extension des zones arides représente un véritable enjeu. Dans tous les cas, la désertification a, et aura de plus en plus, des conséquences importantes sur la vie des populations, leur santé, l'environnement et le climat.



Le désert gagne du terrain. Ce n'est pas nouveau mais c'est inquiétant. Plus de 40 % de la surface du globe est actuellement constituée par des terres arides ou semi-arides sur lesquelles vit un tiers de la population mondiale. On considère que seules 10 à 20 % de ces terres sont déjà victimes de la désertification et que, sur les 2 milliards de personnes qui vivent en zone aride, il n'y en a que 1 à 6 % qui occupent des terres touchées par la désertification. Si la proportion est encore limitée, le processus de dégradation des sols peut rapidement atteindre le point de non retour à partir duquel il n'est plus possible de produire les ressources indispensables à la vie humaine. L'évolution constatée ces dernières années montre d'ailleurs que la tendance est plus à l'aggravation qu'à l'amélioration. Les facteurs climatiques (épisodes de sécheresse, réchauffement global) expliquent en partie cette situation. Mais la pression exercée par l'accroissement de la population qui oblige à exploiter toujours plus les terres, pour produire de la nourriture notamment, quitte à épuiser définitivement leurs ressources et à les rendre finalement inutilisables, participe aussi à aggraver la situation.


La désertification a des conséquences importantes sur la vie des populations, leur santé, l'environnement et le climat.

Face à ce danger, l'ONU met en garde et présente les enjeux du processus dans un rapport préparé dans le cadre du grand bilan sur les objectifs du Millénaire. Car qui dit progression de la désertification dit engrenage de la pauvreté, danger pour la santé et menace pour l'environnement. Des fléaux d'autant plus redoutés qu'ils contribuent à aggraver une situation déjà difficile, notamment dans les deux principales régions menacées par ce phénomène : l'Afrique et l'Asie du Centre.

L'engrenage aridité-pauvreté

Les populations qui vivent dans les zones les plus desséchées se trouvent, en effet, entraînées dans une espèce d'engrenage infernal à l'intérieur duquel les conditions de vie se dégradent en même temps que les sols subissent les ravages dus à l'augmentation du degré d'aridité et à une exploitation toujours plus intensive destinée à compenser le peu de productivité des terres. L'aridité accentue ainsi la pauvreté et la pauvreté entretient une situation où les populations sont dans l'incapacité de prendre les mesures nécessaires pour ne pas accélérer la marche vers la désertification. Au-delà d'une potentielle augmentation de la proportion de personnes soumises à ce type de contraintes -on estime qu'actuellement la moitié des populations les plus pauvres de la planète vivent dans les régions desséchées-, la désertification fait aussi courir le risque de provoquer le déplacement des populations qui ne trouvent plus de moyens de subsistance sur place. Et donc de repousser le problème de quelques kilomètres en créant une nouvelle pression démographique dans d'autres zones.

Au-delà de son impact sur les conditions de vie des populations, la désertification a aussi une influence sur leur santé. La mortalité infantile est ainsi deux fois plus importante (54 pour 1 000) dans les zones arides que dans les régions pauvres non desséchées. Le principal inconvénient de la progression de l'assèchement des sols est de provoquer la formation d'énormes nuages de poussière qui peuvent entraîner l'apparition de fièvres, de problèmes respiratoires, de douleurs oculaires chez les gens sur place mais peuvent aussi atteindre les habitants de régions éloignées. Chaque année, on estime que le vent emporte et dissémine à travers le monde un milliard de tonnes de sable du Sahara avec leur lot de germes et de bactéries. Les tempêtes de sable du désert de Gobi touchent, quant à elles, toute la Chine mais aussi la péninsule de Corée et le Japon. Dans l'éventualité d'une extension des zones désertifiées, les répercussions en terme de santé seraient donc elles aussi plus importantes.

Environnement et climat

La dégradation à grande échelle des terres arides fait, d'autre part, courir un risque majeur à l'environnement et peut même participer à induire des changements climatiques. La progression des espaces désertiques, sur lesquels plus aucune végétation ne pousse, perturbe le cycle de la vie des hommes mais aussi celui de la nature en modifiant l'écosystème. Cela affecte la formation des nuages, les chutes de pluie, la biodiversité des plantes et des animaux et même le cycle du carbone. Les terres arides ou semi-arides, qui contiennent le quart des réserves mondiales de carbone organique, relâchent, en effet, chaque année dans l'atmosphère 300 millions de tonnes de carbone (soit 4 % du total mondial toutes sources confondues) à cause de la désertification. Avec toutes les conséquences que de telles émissions peuvent avoir sur le système climatique.

source : http://www.rfi.fr

# Posté le mercredi 30 juillet 2008 16:40

Les océans sont en cours de désertification

Les régions des océans les moins productives biologiquement (en bleu foncé ci-dessus) sont en expansion beaucoup plus rapide que prévu, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de la NOAA et de l'Université de Hawaï. Cette modification de la biologie des océans, liée au réchauffement des eaux de surface de la mer, peut avoir une incidence négative sur les populations de nombreuses espèces de poissons qui tentent de survivre dans ces environnements de type désertique.

Entre 1998 et 2007, ces étendues maritimes présentant une faible vie végétale en surface dans les océans Pacifique et Atlantique ont augmenté de 15 pour cent ou 6,6 millions de kilomètres carrés, selon l'étude qui paraît dans Geophysical Research Letters.

Cette expansion se produit en même temps que le réchauffement des températures de surface, soit environ un pour cent ou .02 à .04 degrés Celsius par an. Le réchauffement accroît la stratification des eaux de l'océan, ce qui empêche la remontée en surface des éléments nutritifs des profondeurs qui permettent la vie des plantes marines.

Ces zones arides se rencontrent dans environ 20 pour cent des océans du monde et sont situées dans les tourbillons subtropicaux de chaque côté de l'équateur.

« Le fait que nous assistions à une expansion de ce zones les moins productives de l'océan, lorsque les courants subtropicaux se réchauffent est conforme à notre compréhension de l'impact du réchauffement de la planète. Mais, avec neuf ans de séries chronologiques, il est difficile d'écarter la variation décennale », déclaré Jeffrey J. Polovina, océanographe au service des pêcheries de la NOAA, de Honolulu, cosignataire de l'étude avec Evan A. Howell et Melanie Abecassis, de l'Université de Hawaï.


Les preuves de cette expansion proviennent de données recueillies par un capteur à bord du satellite de la NASA SeaStar. Ce capteur nommé SeaWiFS, est un outil unique qui cartographie la productivité biologique dans les océans. En analysant la couleur des eaux, il parvient à mesurer la densité de chlorophylle dans le phytoplancton, les plantes microscopiques qui sont à la base de la chaîne alimentaire marine.

Cette recherche a montré que les zones de faible productivité dans l'océan Pacifique se développent à partir du centre en direction d'Hawaï. Dans l'océan Atlantique, les zones les moins productives du courant circulaire subtropical sont en expansion à un rythme encore plus rapide, et se développent de l'est à travers les Caraïbes vers l'Afrique.

Les zones de faible productivité, comparées à des déserts, couvrent désormais, selon les estimations 51 millions de kilomètres carrés dans les deux océans. La zone la moins productive de l'océan Indien montre la même tendance, mais il y a eu trop de variations pour que les observations soient statistiquement significatives.


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source:http://contreinfo.info
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# Posté le mardi 29 juillet 2008 05:23

Une vérité qui dérange..

Une vérité qui dérange..
Film réalisé par AL Gore: ex vice président des Etat Unis

L'humanité est assise sur une bombe à retardement. Les savants du monde entier s'accordent pour dire qu'il nous reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe planétaire - un dérèglement majeur du système climatique qui entraînerait des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues
de chaleur meurtrières.
Cette catastrophe d'une ampleur sans précédent, nous en serions les premiers responsables ; nous seuls pouvons encore l'éviter.
Plutôt que de sonner le tocsin de l'apocalypse ou de céder à la délectation morose, Une vérité qui dérange a choisi d'illustrer et de relayer l'action et le combat passionné d'un homme, l'ancien Vice-président Al Gore, qui depuis cinq ans sillonne les États-Unis pour persuader ses concitoyens de l'urgente nécessité de réagir à cette crise.

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 12:10

Le transport routier, catastrophe écologique et économique



Trouvé au hasard de balades numériques, un reportage donne quelques arguments peu employés contre le transport routier. Sur le site TV Link Europe vous pourrez trouver un résumé et le script du reportage.

On dit souvent que le transport routier de marchandise est bien moins respectueux de l'environnement que le transport ferroviaire, fluvial ou maritime. C'est une réalité et la survie de notre planète a beau être un sujet qui devient majeur dans toutes les têtes, la dynamique n'est pas à un comportement plus éco-compatible : en 2010 le nombre de camion sur les routes devrait avoir augmenté de 50% par rapport au niveau de 1998 ! Il faut dire que 44% des marchandises sont transportées par la route.

Ce qu'on dit moins souvent, c'est la logique économique voudrait elle aussi qu'on intervienne pour réduire ce mode de transport.
Il y a bien sûr le carburant qui flambe et augmente les coûts du transport routier, mais ça n'est pas la bonne raison car il ne représente actuellement que 5% du prix des marchandises. Par ailleurs, le mode même de gestion de la production, fondée sur les flux et non sur les stocks, incite les industriels à opter pour des transports rapides et flexibles comme le camion, même s'il est plus cher, pour économiser sur des coûts d'infrastructure (gestion des stocks) et exploiter la mondialisation : les délocalisations économiques induisent une production distribuée sur plusieurs sites géographiquement très distants pour optimiser les coûts de main d'oeuvre et la fiscalité.
Il ne faut donc pas s'attendre à un effet de marché pour changer cet état de fait, l'intervention politique et la régulation publiques sont nécessaires.

Plus que nécessaire, elle est économiquement légitime. Deux exemples frappants.

Chaque jour plus de 10% du réseau routier européen est bloqué par les embouteillages, principalement à cause d'une saturation en camions. Cela représente un coût de 0,5% du PIB européen ! Si on laisse ce secteur se développer naturellement, ce sera 1% du PIB en 2010.
Les transporteurs routiers ne paient pas le coût réel de leur utilisation des infrastructures routières. En effet, la dégradation des routes produites par un véhicule est proportionnelle à son poids élevé à la puissance 4 (désolé pour les maths). De manière plus imagée, le passage d'un seul camion use autant la route que 100 000 voitures ! Le montant des péages payés par les camions sur les autoroutes ne correspond en rien à cette constatation, les impôts locaux des entreprises de transports payés aux collectivités qui entretiennent les routes non plus. Ce sont donc les citoyens qui supportent le surcoût du transport routier dans leurs taxes (mais aussi dans le coût économique et social des délocalisations, dans le surcoût des marchandises dû à une production distribuée géographiquement, etc.).

Il est donc légitime, économiquement efficace, et environnementalement nécessaire d'agir pour revenir à un mode de gestion impliquant moins de transport, mais ce ne pourra se faire sans intervention publique.
Pourquoi ne pas commencer, par exemple, à taxer le transport routier en fonction de la distance à parcourrir et du poids des engins ? Pollueurs et destructeurs, camion et 4x4 n'auraient qu'à bien se tenir...








source: http://nicemassena.org/index.php/2007/07/17/166-le-transport-routier-catastrophe-ecologique-et-economique
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# Posté le jeudi 17 juillet 2008 12:01

Cours du pétrole, profits records et catastrophes écologiques

Cours du pétrole, profits records et catastrophes écologiques


Cours du pétrole, profits records et catastrophes écologiques

A l'heure où le cours du pétrole a désormais franchi les 110 dollars le baril, les profits des compagnies pétrolières n'ont jamais été aussi importants. Déjà, pour la seule année 2005, 100 milliards de dollars de profits: c'était le montant cumulé des bénéfices qu'avaient dégagé les cinq plus grandes compagnies pétrolières mondiales (ExxonMobil, Chevron, Total, BP et Shell).

Ensuite, plus récemment, le groupe pétrolier Total a annoncé, mercredi 13 février 2008, un résultat net ajusté (hors éléments exceptionnels) de 12,2 milliards d'euros pour la seule année 2007 – de loin le plus important des entreprises du CAC40, mais en baisse de 3 % par rapport aux 12,5 milliards atteints en 2006. En 2005, les profits de Total s'étaient élevé également à 12 milliards d'euros.

Mais le record est atteint probablement par ExxonMobil qui présente en 2007 un bénéfice net de 35 milliards de dollars, soit environ 22,5 milliards d'euros!

La constitution de ces bénéfices exceptionnels provient d'un modèle économique pour le moins singulier : les groupes pétroliers alignent leurs marges amont et aval sur le niveau du cours du baril brut. Dès lors, la flambée du pétrole entraîne mécaniquement une explosion des profits des groupes pétroliers.

Profits du groupe Total depuis 2002 en milliards d'euros


Années 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Profits 6.26 7.34 9.04 12.00 12.59 12.20


Sources : Wikipédia et Le Monde

Les profits de Total explosent depuis 2005, année à partir de laquelle le cours du pétrole a commencé à battre record sur record. La légère “contre-performance” de Total en 2007 fait presque de la peine quand on sait que c'est en 2007 que le cours du pétrole a flirté pour la première fois de son histoire avec la barre des 100 dollars le baril... Il va falloir que les automobilistes se remobilisent en 2008 pour que les profits de Total repartent à la hausse! Heureusement, avec un baril à plus de 110 dollars en ce début d'année 2008, les choses devraient aller mieux pour Total l'année prochaine... pour les automobilistes, la facture risque par contre d'être salée.

Dans le même temps, l'actualité récente nous rappelle que ces mêmes majors du pétrole provoquent des catastrophes écologiques au moins aussi importantes que leurs profits. L'extraction et le transport du pétrole causent en effet régulièrement des désastres pour l'environnement.

En décembre 2007, un article du très sérieux journal The Independent, expliquait comment la firme BP (British Petroleum, 16 milliards d'euros de profits en 2006) était en train de préparer le “plus grand crime écologique de l'histoire“. En effet, le géant pétrolier britannique qui promet d'aller “Au-delà du Pétrole” en trouvant des moyens plus propres de produire des carburants fossiles, est accusé d'abandonner son “image écologique” en investissant plus de 2,2 milliards d'euros pour extraire le pétrole de la nature sauvage canadienne, utilisant des méthodes qui, selon les écologistes, font partie du “plus grand crime du réchauffement planétaire” de l'histoire.

L'objectif de BP est de produire du pétrole brut à partir des sables bitumeux, système de production qui génère jusqu'à quatre fois plus de CO2 - le principal gaz à effet de serre - que le forage conventionnel, sans parler de la pollution et de la destruction de la nature sauvage canadienne: des millions de tonnes de vie végétale et de couche arable dégagées en vastes mines à ciel ouvert et des millions de litres d'eau détournés des fleuves et rivières.

Car, il faut bien comprendre une chose, à mesure que la ressource en pétrole se raréfie, les cours explosent et rendent économiquement viables des méthodes d'extraction de plus en plus sophistiquées et coûteuses, en général dans des endroits encore sauvages et au prix de la destruction de l'environnement.

Mais, n'oublions pas que les catastrophes écologiques du pétrole touchent aussi particulièrement les océans, le groupe pétrolier Total est un expert sur ce sujet. Il y a quelques temps, le verdict du procès Erika est tombé. C'est une victoire pour les collectivités qui ont obtenu ce qu'elles demandaient. Total, l'affréteur, a été condamné à la peine maximale pour cette pollution massive assimilable à un écocide.

Le tribunal de Paris a également reconnu le préjudice écologique, une première en France, ce qui était la moindre des choses au regard de la catastrophe écologique de l'Erika.

Selon Greenpeace, la marée noire de l'Erika a été la plus meurtrière pour les oiseaux. Si on la compare à celle de l'Amoco Cadiz, elle a été 130 fois plus meurtrière en terme de rapport quantité de pétrole déversé en mer / nombre d'oiseaux récupérés. La Ligue de Protections des Oiseaux (LPO) a signalé que 61 000 oiseaux mazoutés ont été recueillis, morts ou vivants. Le nombre réel d'oiseaux tués par la marée noire est certainement encore bien supérieur, car beaucoup n'ont pas atteint la côte. On peut estimer qu'il y en a eu 2 à 3 fois plus, soit environ 200 000 à 300 000 victimes.

Le coût total de la marée noire a été évalué à 900 millions d'Euros, dont 50% au titre du préjudice subi par le secteur touristique.

Huit ans après le naufrage du pétrolier et la marée noire, c'est donc une demi-victoire pour les parties civiles (associations et collectivités notamment) qui ont obtenu les indemnisations demandées. Demi-victoire, car les sommes en jeu ne sont pas à la hauteur à la fois du coût total de cette marée noire et des profits gigantesques du groupe Total.

L'affréteur (Total) et la société de classification (Rina) devront s'acquitter d'une amende de 375 000 euros chacun (75 000 euros pour l'armateur et le gestionnaire du navire. Ils devront en outre verser solidairement 192 millions d'euros de dommages et intérêts, le tribunal ayant également reconnu le préjudice matériel et le préjudice d'image. La Région des Pays de la Loire, par exemple, obtient près de 5 millions d'euros en tout. Les villes de Saint-Nazaire et Pornichet recevront 500 000 euros au titre du préjudice d'image. La Bretagne aura 2 574 000 euros pour les réparations matérielles, la Région Poitou-Charentes 1 million d'euros.

192 millions d'euros, cela reste malgré tout une goutte de pétrole dans l'océan de profits réalisés tous les ans par Total. Plus exactement, cela représente en fait environ 1,6% des profits annuels du groupe Total...

C'est l'aumône accordée par le groupe Total à une planète sur laquelle il s'essuie les pieds. Ce décalage entre profits records, catastrophe écologique et aumône médiatique est tout simplement honteux. Il est plus que jamais nécessaire de créer une taxe exceptionnelle sur les bénéfices extraordinaires de Total. Cette idée, développée par Que Choisir en 2005, redevient donc d'actualité en 2008.

L'UFC-Que Choisir avait calculé que, relativement à une rentabilité normale de 15 %, les surprofits de Total atteignaient 4 milliards d'euros en 2004 et 7 milliards en 2005. Ces surprofits sont donc également d'environ 7 milliards d'euros en 2006 et 2007. Il apparaît aussi que les capitaux employés pour l'activité de Total ont légèrement diminué, ce qui renforce le caractère artificiel de ces surprofits. L'absence de concurrence du secteur permet donc au groupe pétrolier de constituer une rente historique.

L'UFC-Que Choisir proposait en effet deux mesures pour que cette taxe exceptionnelle soit redistribuée au profit du consommateur et de la promotion du développement durable :

- une mesure structurelle pour réduire la dépendance au pétrole : 3,7 milliards d'euros doivent être consacrés à l'investissement dans le réseau de transport collectif de proximité qui pourrait alors croître de 25 % par an pendant cinq ans. L'objectif de cette mesure est d'augmenter la fréquence des dessertes et la densité du réseau afin que le temps de trajet des transports en commun ne soit plus systématiquement supérieur à celui du déplacement automobile.

- une mesure pour le pouvoir d'achat : accorder un mois de gratuité des transports collectifs de proximité partout en France afin d'amortir l'impact de la hausse de l'essence supportée par les consommateurs.

En plus de ces deux mesures proposées par Que Choisir, il faudrait également taxer les profits de Total afin de lancer des investissements massifs consacrés aux énergies renouvelables.

Face à ces surprofits, la solution consiste donc à taxer massivement le groupe Total, car ces surprofits ne découlent pas d'une quelconque performance économique de l'entreprise, mais d'une situation monopolistique sur un marché verrouillé et dans un contexte de diminution progressive de la ressource pétrolière.

En attendant que les pouvoirs publics aient le courage d'agir, remercions les millions d'automobilistes qui ne vont pas chez Total par hasard... ils y vont afin d'entretenir un système qui pollue massivement la planète pour enrichir une poignée d'actionnaires.

source :http://carfree.free.fr

# Posté le vendredi 13 juin 2008 11:47