Biocarburants : une catastrophe écologique et sociale programmée !

Les Amis de la Terre (Friends of the Earth International) sont une fédération internationale, d'associations écologistes autonomes, avec un fonctionnement démocratique. Les pays du Sud y sont de plus en plus nombreux et influencent fortement les positions communes de la Fédération . Aujourd'hui, nos collègues du Sud sont très inquiets face aux maints projets d'agrocarburants [1] et tirent la sonnette d'alarme. Cet article reprend en partie, le texte qui doit servir de base de réflexion, lors de la prochaine Assemblée Générale Mondiale, pour élaborer une position commune des Amis de la Terre des 5 continents, sur les carburants végétaux [2].

Chaude ambiance
Les changements climatiques et la responsabilité des humains dans ces changements sont devenus une réalité que peu de personnes mettent encore en doute. Comme une crise peut en cacher une autre, la fin du pétrole bon marché a déjà sonné. Pendant quelques décennies encore, nous aurons du pétrole mais comme la demande explose et que l'offre ne suit plus, les prix vont inexorablement grimper. De plus, avec la signature du Protocole de Kyoto, la France comme d'autres pays industrialisés, s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Elle prévoit de les réduire de 75% d'ici... 2050 , mais sans échéance précise d'ici là ! La Commission Européenne vient de faire passer une directive obligeant l'utilisation de 5,75% de carburant végétal en 2010. Les Etats-Unis, le Japon prévoient aussi d'utiliser et développer les agrocarburants. Mais comment ?

L'exemple d'un pays comme l'Espagne est significatif. Ce pays consomme annuellement environ 27 milliards de litres de diesel. Pour répondre à l'objectif de la Communauté Européenne de remplacer 5% de la consommation de carburant fossile par du carburant végétal à partir de 2010, il faudrait produire 1,35 milliards de litres d'agrodiesel. Un rendement approximatif de 1200 litres d'agrodiesel par hectare exigerait l'utilisation de plus d'un million d'hectares de terres agricoles fertiles, exclusivement pour la production de plantes pour le diesel végétal, ce qui signifie environ 5,5% de toutes les terres agricoles. A cela, il faut ajouter un calcul semblable pour le remplacement de l'essence qui représente, dans ce pays, 25% de la consommation totale de carburants. Aux Etats Unis, la situation est encore plus dramatique. Des chercheurs du Minnesota ont publié dans le journal de l'Académie des Sciences une étude qui démontre que, en tenant compte de l'énergie nécessaire à leur production, l'ensemble du soja et du maïs produit aux Etats-Unis ne couvrirait que 5,3% des besoin en carburants du pays !

Colonialisme vert
Suite à des conditions spécifiques (injustices historiques héritées du colonialisme et conditions environnementales), une grande partie des agrocarburants consommés dans le Nord sera produite dans le Sud. L'augmentation de la demande en carburants végétaux va alors s'ajouter à la pression foncière déjà existante dans les pays du Sud où les monocultures sont déjà en pleine expansion pour fournir les vastes marchés du Nord (essentiellement pour la production de cellulose, d'huile de palme et autres produits agricoles, soja notamment). Afin de remplacer partiellement la demande actuelle en carburants, plus particulièrement dans les pays du Nord, il faudrait semer de vastes territoires de terres agricoles arables dans le Sud. Ou inversement, si les agrocarburants sont produits dans le Nord, il faudra les terres agricoles du Sud pour produire des aliments ensuite exportés vers le Nord. Dans les deux cas, la pression sur les écosystèmes naturels du Sud augmentera ainsi que les pressions sur les communautés vivant dans ces régions. On risque d'assister à une aggravation des conflits fonciers déjà existants plutôt qu'à leur résolution en faveur des communautés locales.

Les écosystèmes naturels, les zones humides et les forêts vont être encore plus menacés par l'établissement de nouvelles plantations dans les zones forestières, ou indirectement par le déplacement des communautés locales forcées à envahir des zones forestières ou d'autres écosystèmes naturels. L'expansion du soja et de la canne à sucre au Brésil et dans d'autres pays d'Amérique du Sud, ainsi que l'expansion des plantations des palmiers à huile en Indonésie et dans d'autres pays de l'Asie du Sud-Ouest et de l'Afrique, ont été une des causes directes les plus importantes de la destruction des écosystèmes forestiers qui contiennent la plus grande diversité biologique de la planète. Nous avons déjà assisté à l'expansion des monocultures dans les pays du Sud. Les projets actuels nous font craindre une aggravation de l'impact social sur les communautés indigènes, dû au non respect des droits des indigènes et des communautés locales, tels que le droit à l'autonomie, à la libre détermination et les droits territoriaux, ou au non respect de principes juridiques du droit international et des Droits Humains, comme le consentement après information préalable.

En Indonésie, par exemple, le gouvernement prévoit de détruire 16,5 millions d'hectares de forêt tropicale pour planter des palmiers à huile ! En Malaisie, ce sont 6 millions d'hectares. En septembre 2005, la Fédération des Amis de la Terre publia un rapport sur les impacts de la production d'huile de palme : “On estime qu'entre 1985 et 2000, le développement des plantations de palmiers à huile a été responsable de 87% de la déforestation en Malaisie”. A Sumatra et Bornéo, quelques 4 millions d'hectares de forêts ont été convertis en plantations de palmiers à huile. Même le fameux Parc National de Tanjung Puting au Kalimantan a été mis en pièce par des planteurs. Des milliers d'habitants de ces régions ont été expulsés de leurs terres et près de 500 Indonésiens ont été torturés lorsqu'ils tentèrent de résister. Toute la région est en train de devenir un immense champ de “pétrole” végétal.
Avec les immenses incendies de forêts, ce sont des milliers de tonnes de CO2 qui s'accumulent dans l'atmosphère. De plus, les sols humides et tourbeux, en s'asséchant, libéreront des milliers de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre 28 fois plus efficace que le CO2 [3] ! La totalité de cette huile de palme sera destinée au marché... européen ! En terme d'impact sur l'environnement, aussi bien local qu'international, l'huile de palme comme carburant végétal est encore plus destructrice que le pétrole brut du Nigeria [4].

Ruée vers l'or... vert
Cette expansion des monocultures s'accompagne d'une concentration des terres, ce qui va encore plus bloquer les processus de redistribution des terres et de réforme agraire. L'histoire coloniale du Brésil, par exemple, a laissé de sérieux problèmes sociaux avec comme conséquence la concentration de la plus grande partie du territoire dans de grandes “fazendas” (46% des terres agricoles sont en possession de seulement 1% de la population rurale). Les populations rurales ont été constamment expulsées de leurs terres et ont dû migrer vers des zones forestières ou s'installer dans les ghettos à la périphérie des grandes villes. Des centaines de milliers de Brésiliens espèrent recevoir un morceau de terre, unique possibilité pour eux, d'avoir une vie décente. Ces 20 dernières années, un processus de réforme agricole s'est enclenché, soutenu par le Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), un des plus grand mouvements paysan de l'histoire. Il y a eu de nombreux conflits dans plusieurs régions du pays, avec les grandes compagnies agricoles qui freinent les réformes agraires et la juste redistribution des terres, .

Cela n'empêchent pas des “experts” français d'estimer que 15 à 20 millions d'hectares de surfaces agricoles sont disponibles à l'achat en Amérique du Sud. Le fond français Pergam investit au Paraguay où “les centaines d'hectares de maïs et de soja disponibles sont autant de barils dormants de carburant vert du style éthanol dont la demande mondiale devrait exploser dans les années qui viennent”. Une étude récente de la BNP précise : "Les matières premières agricoles sont des actifs extrêmement peu chers, pour lesquels la demande est en train d'exploser et pour lesquels l'offre s'affaiblira”. Au Cameroun, le groupe Bolloré - qu'on appelle là-bas le “dernier empereur” - contrôle quelques 40 000 ha de plantations de palmiers à huile, notamment par l'intermédiaire de la société belge Socfinal. Cette dernière exploite 31 000 ha de palmiers à huile au Cameroun, ainsi que d'autres plantations de palmiers à huile en Indonésie et ailleurs en Afrique, totalisant une surface de plus de 140 000 ha.

Leurs aliments ou nos carburants ?
Le commerce international actuel est basé sur le profit à court terme et sur des pratiques injustes qui favorisent la misère des uns et la surconsommation des autres. Le marché international des agrocarburants et de la biomasse qui se met en place, suit ces schémas. Ce marché repose sur l'expansion des monocultures sur de vastes zones de terres productives, concentrées dans les mains de quelques propriétaires ou de plus en plus, contrôlées par des multinationales. Pourtant la sécurité et la souveraineté énergétiques et alimentaires sont des droits inaliénables de tous les peuples. Si la production d'agrocarburants n'a pour unique objectif que la réduction des coûts de production et de maintenir les modèles actuels de consommation, elle va confisquer de vastes espaces fonciers agricoles et menacer directement la sécurité et la souveraineté alimentaires au niveau mondial et local. Le cas de l'Argentine est exemplaire. Plus de la moitié des terres agricoles sont déjà cultivées en soja pour l'exportation. Comme le bétail européen a un niveau de vie plus élevé que certains Argentins, la nourriture va vers le pouvoir d'achat le plus fort et des milliers d'Argentins souffrent de la faim. Et ce n'est pas fini : il existe des projets pour étendre encore plus la culture du soja et d'autres cultures énergétiques, destinées aux plus offrants... On peut être inquiet lorsqu'on sait que la quantité de céréales nécessaire pour remplir un réservoir de 4x4, suffit à nourrir un être humain pendant un an. Les biocarburants ne sont rien d'autre qu'un moyen sophistiqué de subventionner la combustion de nourriture pour faire marcher des voitures.

Recommandations
Les Amis de la Terre lancent un appel urgent à la communauté internationale. Le modèle énergétique dominant est à revoir complètement afin de protéger l'environnement mondial et de rendre nos sociétés justes et durables. Nous devons, de toute urgence, définir un nouveau modèle énergétique ainsi que le rôle que la biomasse et les carburants végétaux pourraient jouer dans le cadre de ce modèle.

Il est évident que la consommation énergétique mondiale ne peut plus continuer d'augmenter. Mais un tiers de l'humanité doit, en priorité, avoir le droit d'accéder aux services énergétiques de base. Cela doit se faire, non pas en augmentant la consommation totale, mais en réduisant radicalement la consommation des 15% de l'humanité qui utilisent 60% des ressources énergétiques mondiales.

L'utilisation de la biomasse comme carburant, dans le cadre actuel des modèles de consommation qui favorisent les inégalités, n'est pas une alternative durable. Au contraire, elle exacerbe des problèmes déjà sérieux, comme la pauvreté grandissante, les injustices sociales, les changements climatiques et la disparition des forêts et de la biodiversité.

Avant de commencer à penser au développement massif de la biomasse comme carburant végétal, mettons en place les bases d'un nouveau modèle énergétique mondial . Voici les premières mesures politiques à prendre, notamment dans le Nord :

Redistribuer tous les fonds investis dans les exploitations pétrolifères du Sud et le nucléaire dans le Nord, pour développer et améliorer les sources d'énergie renouvelable et saine (solaire, éolien).
Amplifier les mesures de diminution et de sobriété dans la consommation de l'énergie à usage domestique et professionnel .
Réduire la surconsommation de produits qui ont un coût énergétique élevé comme le papier, l'alimentation animale...
Réduire radicalement le transport aussi bien en ce qui concerne les véhicules individuels que les gros camions qui transportent les marchandises.
Renforcer le transport public en commun et les formes alternatives de transports.
Augmenter les processus de transfert technologique et l'appropriation des technologies propres par les communautés locales.

L'utilisation de la biomasse peut être intéressante pour les pays du Sud mais tant qu'aucun modèle mondial équitable de consommation énergétique n'est opérationnel, les échanges d'agrocarburants entre le Sud et le Nord sont à proscrire. Il faut d'abord procéder à une réduction conséquente de la consommation de tous les carburants (au minimum 50%).

L'utilisation de la biomasse doit respecter certaines règles. Sur le plan social, la production des agrocarburants doit se faire localement, dans le cadre de modèles énergétiques nationaux mais décentralisés et durables. Ces modèles doivent garantir la souveraineté et la sécurité énergétiques des pays et de leurs différents secteurs économiques. Les familles paysannes et les communautés agricoles doivent être intégrées dans les processus de décision puis de production des carburants végétaux. Elles doivent pouvoir profiter aussi des bénéfices tirés de leur transformation industrielle. Les droits communautaires des peuples indigènes et des autres communautés locales doivent être respectés et garantis. Finalement, il est important de limiter le commerce à des échanges inter-régionaux basés sur des accords régionaux pour une énergie durable.

Sur le plan environnemental, il est préférable de favoriser les projets qui utilisent la biomasse, plutôt que ceux qui produisent les carburants végétaux [5]. L'exploitation et la destruction des écosystèmes naturels dans le but de produire commercialement de la biomasse sont interdites. Les monocultures doivent se réduire aux zones qui garantissent une durabilité écologique et sociale. Par ailleurs, on favorisera une agriculture diversifiée et moins intensive, grâce à une réforme agraire et à la restauration des écosystèmes naturels. Les cultures génétiquement modifiées sont totalement proscrites [6]. De plus, il faut combattre les propositions de l'OMC d'éliminer les tarifs commerciaux et non commerciaux sur les produits forestiers, y compris pour le papier. Ces mesures menacent les écosystèmes et les communautés locales, et réduisent les opportunités de produire la biomasse de façon durable.

Cet article a été écrit pour le journal ORTZADAR avec deux encarts intitulés "Usine de bioéthanol de Lacq : comment faire du blé avec du maïs" et "Une vérité maquillée comme une voiture volée".

source:http://www.hns-info.net/article
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# Posté le mercredi 05 mars 2008 14:53

Une catastrophe écologique majeure

Une catastrophe écologique majeure

Le Tibet est devenu une zone militaire stratégique pour la Chine qui y a implanté plusieurs ogives nucléaires. Elle y fabrique également ses armes atomiques et y stocke ses déchets nucléaires alors que cinq des plus grands fleuves d'Asie (incluant l'Indus, le Mekong et le Brahmapoutre) prennent leur source dans ces montagnes !
La survie de près de la moitié de la population mondiale dépend directement de ces fleuves.
Les ressources naturelles sont systématiquement pillées sans prendre en compte les graves conséquences écologiques à l'échelle planétaire qui peuvent découler de cette surexploitation.
Les zones forestières représentaient 221 000 km2 avant l'invasion chinoise, elles n'en couvrent plus que 130 000 aujourd'hui.
Des centaines d'espèces animales et végétales rares ont définitivement disparu. L'hémione, le chevrotain porte musc, la grue à col noir, le takin du Tibet, le léopard des neiges, le singe des neiges, le yak sauvage, le singe doré, le petit panda, le panda géant sont en voie de disparition. A l'instar de la forêt d'Amazonie, la déforestation anarchique pratiquée sur le Toit du Monde met en péril le système écologique de notre planète toute entière.

source:http://www.solidaritetibet.org/tibet/cata.html
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# Posté le mercredi 05 mars 2008 14:51

Catastrophe écologique en Chine

Catastrophe écologique en Chine

Crédit Photo : TF1/LCI Forêt chinoise ravagée par la vague de froid (10 février 2008)La vague de froid que connaît le pays a ravagé 17,3 millions d'hectares d'arbres. Un dixième de l'ensemble des forêts chinoises a été détruit.
L'administration chinoise redoute à présent que les arbres tués par le froid ne constituent un risque d'incendies.
- le 10/02/2008 - 10h09
Les images diffusées par les médias chinois sont impressionnantes : des milliers d'hectares de forêt où les arbres paraissent avoir été victimes d'une tornade. Ils sont cassés, couchés dans la neige. Le coupable : la vague de froid. Selon la presse chinoise, les récentes intempéries, marquées par trois semaines d'importantes chutes de neige et de froid intense, ont détruit près de 10% de la forêt chinoise.

Sur son site Internet, le quotidien China Daily cite des chiffres de l'administration des forêts : ils indiquent qu'au total, 17,3 millions d'hectares de forêt ont été sérieusement endommagés par les intempéries. Dix-huit provinces ont été touchées par la pire tempête hivernale depuis 50 ans. Dans les provinces les plus atteintes, 90% de la forêt a été détruite, selon le journal.

Mais les conséquences sur la forêt pourraient être encore pires, selon l'administration chinoise, car les arbres tués par le froid vont constituer un risque important d'incendies. Pour répondre à la situation, des opérations de plantation vont débuter dès avril dans les zones sinistrées, alors que le pays compte planter 2,5 milliards d'arbres cette année pour lutter contre la déforestation.

sourcehttp://tf1.lci.fr/infos/sciences/environnement
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# Posté le mercredi 05 mars 2008 14:05

Modifié le mercredi 05 mars 2008 14:48

Une bombe à retardement écologique


La plupart des matériaux qui composent les appareils électriques et électroniques se distinguent par leur caractère éminemment dangereux. Or beaucoup échouent en décharge publique ou sont rôtis en incinérateur. Avec, à la clé, des risques d'infiltration des nappes phréatique ou de pollution de l'atmosphère. Revue de détails.
Une bombe à retardement écologique

®Novethic
Téléphones cellulaires, ordinateurs, cafetières programmables, brosses à dents électriques... Les appareils électroniques ou électriques comportent souvent des commutateurs et interrupteurs à mercure, des connecteurs, des condensateurs, des câbles et circuits imprimés, des plastiques contenant des retardateurs de flamme. Il faut y ajouter les écrans, à cristaux liquides ou à rayons cathodiques. Plusieurs études, citées dans les textes de la Commission européenne, soulignent que " les substances les plus critiques sur le plan environnemental contenues dans ces composants sont les métaux lourds tels que le mercure, le plomb, le cadmium et le chrome, les substances halogénées telles que les chlorofluorocarbones (CFC), les PCB, le PVC ". S'y ajoutent les plastiques comprenant des produits retardateurs de flamme - à base de brome -, l'amiante et l'arsenic.
De la décharge à la nappe phréatique
Jetés avec les journaux et les épluchures de légumes, les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) échouent souvent en décharge publique. Stockés à l'air libre, sans surveillance, ils deviennent de véritables petites " bombes " environnementales. Un écran de télévision contient ainsi des luminophores, particules collées à sa surface, faites de terres rares et de métaux lourds (comme le nitrium). Le verre conique des tubes cathodiques peut contenir du plomb. Conséquence, " un seul tube cathodique pollue 50 mètres cubes de terre pendant 30 ans ", souligne Patrick Maranon, responsable de l'entreprise de recyclage d'ordinateurs Ecomicro, près de Bordeaux. La punition est la même pour le mercure, qui se répand dans les sols et l'atmosphère lorsque des dispositifs tels que les disjoncteurs sont détruits. En outre, souligne la Commission, lorsque les plastiques contenant des retardateurs de flamme ou du cadmium sont mis en décharge, " les polybromodiphényléthers et le cadmium peuvent percoler dans le sol et la nappe phréatique ". Enfin, les décharges sont parfois le théâtre de combustions anarchiques, entraînant des émissions toxiques telles que les furanes et les dioxines, qui favorisent l'apparition de cancers.
En Europe, des textes encadrent le rejet des déchets d'entreprises. En Californie, l'ONG SVTC (Silicon Valley Toxics Coalition) a obtenu des constructeurs informatiques qu'ils dépolluent les eaux de plusieurs secteurs contaminés. Mais en Europe, comme aux Etats-Unis, rien n'est fait à ce jour pour prévenir la mise en décharge des déchets des particuliers.
Des particules d'ordinateurs dans l'atmosphère
Les DEEE menacent également la qualité de l'air parce qu'ils sont incinérés avec le tout venant des ordures ménagères municipales. " Il est estimé que les émissions provenant de l'incinération des déchets (...) entraîneraient chaque année le rejet de 36 tonnes de mercure et 16 tonnes de cadmium ", relèvent les textes de la Commission européenne. " En outre, poursuivent les spécialistes, la diversité des différentes substances qui se trouvent rassemblées dans les DEEE peut avoir des effets négatifs spécifiques au cours du processus d'incinération. Au cours de celui-ci, le cuivre agit comme un catalyseur augmentant le risque de formation de dioxines lorsque des produits retardateurs de flamme sont incinérés ".
Cet inventaire, aussi varié que nauséabond, des conséquences écologiques des DEEE a conduit directement la Commission européenne à mettre au point des directives, actuellement en cours de finalisation. Conclusion : bien que complexe, le recyclage s'impose comme la seule solution, en attendant que les fabricants de matériels électroniques conçoivent des produits écologiquement neutres.
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# Posté le mercredi 06 février 2008 08:44

nos poubelles vont-elles déborder ?

Le volume des déchets ménagers ne cesse d'augmenter. En 2010, les trois-quarts des départements français ne pourront plus faire face au traitement de leurs ordures, selon un rapport du Commissariat général au Plan.

L'usine d'incinération de déchets d'Ivry


Trop d'ordures

Alerte aux déchets ménagers : leur volume augmente dangereusement et les installations de traitement (décharges, incinérateurs) sont proches de la saturation. Dans un rapport rendu public en septembre 2003 à l'occasion des Assises nationales des déchets, le Commissariat général au Plan estime que 75 départements français ne seront plus capables de traiter tous leurs déchets d'ici 2010. Aujourd'hui, selon l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), une dizaine de départements sont en situation de saturation. La quantité de déchets ménagers produits par les Français augmente d'environ 1 % chaque année et dépasse aujourd'hui 1 kilo par personne et par jour.

Une décharge à ciel ouvert


Le problème des décharges

Conséquence du trop-plein d'ordures : on estime autour de 10 000 le nombre de décharges illégales en France. Quant aux décharges autorisées, elles sont loin de l'objectif fixé par la loi de 1992 sur les déchets. Celle-ci stipulait qu'à partir de juillet 2002, on ne pourrait mettre en décharge que les déchets « ultimes », c'est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être valorisés. Problème : les alternatives à la mise en décharge, comme le recyclage, sont encore trop peu développées en France. Résultat, la quasi-totalité des décharges continuent de recevoir des déchets valorisables...
Les emballages en accusation

Les emballages représentent à eux seuls un tiers du poids de nos poubelles et la moitié de leur volume. Depuis les années 90, les pouvoirs publics incitent les industriels à réduire la quantité d'emballage autour de leurs produits. Si le poids global des emballages s'est stabilisé (4,7 millions de tonnes en 2000), le nombre de produits emballés continue malgré tout de progresser (+ 11 % en six ans). C'est la conséquence de l'évolution des modes de vie : les produits en doses individuelles (biscuits, plats cuisinés, café) ont le vent en poupe, et de nouvelles habitudes de consommation apparaissent, comme l'utilisation des lingettes nettoyantes, le plus souvent non-recyclables, qui viennent encombrer les poubelles.

Point de repère : en savoir plus sur les déchets d'emballages

Le tri sélectif chez SITA France


Quelles solutions ?

Pour résoudre le problème des déchets ménagers, il faut jouer sur plusieurs tableaux : réduire leur production à la source (notamment en diminuant la quantité d'emballages), développer le tri sélectif et le recyclage, mais aussi construire de nouveaux sites de traitement des déchets ultimes (ceux qui ne peuvent pas être valorisés). Problème : les projets de décharge ou d'incinérateur se heurtent systématiquement à l'opposition des populations, et le coût de la collecte et du traitement des déchets explose (il est passé de 75 à 150 euros la tonne en dix ans). Un vrai casse-tête pour les communes, chargées de la gestion des ordures ménagères.
Un plan d'action

Le gouvernement s'est fixé comme objectif de stabiliser d'ici 2008 la production de déchets au niveau actuel. Le lancement d'un plan d'action est prévu en octobre 2003, en prélude à la présentation début 2004 d'un projet de loi sur les déchets. La ministre de l'Environnement, Roselyne Bachelot-Narquin, a annoncé plusieurs pistes d'action. Exemples : développer l'usage des sacs réutilisables dans les grandes surfaces au détriment des sacs jetables (ceux-ci représentent plus de 20 000 tonnes de plastique chaque année) et diminuer la production de prospectus (chaque Français en reçoit 17 kilos par an). Les industriels, de leur côté, seront encouragés à concevoir des produits moins générateurs de déchets (« éco-conception »).







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# Posté le mercredi 06 février 2008 08:35